Pour ceux qui s'interrogent..sur l'amour,la guerre..la vie, et la mort. Sans oublier l'humour, le sexe, et le ROCK "n" ROLL, bien sûr
Papou rentrait comme tous les jours de sa promenade du l’après- midi, fourbu, pétri de fatigue et de douleur. Mais même à son âge, il lui fallait cette petite ballade journalière. Depuis des années et malgré une maladie chronique, papou, n’avait jamais cessé son activité physique.
Il ne pensait plus qu’à une chose. Se détendre un instant sur son vieux fauteuil, placé tout prêt d’une des deux fenêtres très rapprochées, trop rapprochées, qui donnaient sur le jardin, et s’assoupir un moment.
Il allait s’endormir quand une balle de tennis traversa avec fracas, la fenêtre.
Il se leva difficilement pour ramasser la balle et vit à travers la fenêtre cassée, son petit fils tommy, se cacher derrière le grand chêne majestueux.
-Sors de là tommy, je t’ai vu, dit papou
-Pardon papou, je n’ai pas fais exprès, répondit le petit garçon de toute évidence embarrassé.
-Ce n’est pas si grave, pas grave du tout. Je dirais même que tu as bien fais.
-A bon !? Répondit tommy étonné.
-Oui mon petit. D’ailleurs ………
Et là, Papou jeta la balle qu’il venait de ramasser à et cassa à son tour, la fenêtre qui se trouvait juste à coté de celle qui venait de se briser. La deuxième fenêtre éclata en morceau sous le regard médusé du petit garçon.
-Mais papou, qu’est ce que tu fais ? Il va y avoir un courant d’air maintenant.
-Haha, ne t’inquiètes pas répondit le vieil homme. C’est une chose que je devais faire depuis très longtemps.
-A bon !? S’étonna d’avantage tommy. Mais pourquoi ? Tu avais trop chaud ? Ou bien elles ne te plaisaient plus ces fenêtres ? Elles étaient trop vieilles ?
-Mais non petit répondit papou, amusé.
-Quoi alors ?
-Tu les as libérées….répondit l’homme.
-Ha ?!! Quoi ? Rétorqua le petit garçon qui commençait à douter de la raison de son grand père.
Libérées ? Quoi, qui ?
-Les fenêtres voyons, redit papou.
- Mais comment ? Elles étaient en prison ou quoi ? Je te préviens papou, je ne veux pas me faire enguirlander par papa pour les deux fenêtres. Tu ne vas pas me mettre la deuxième sur le dos ha ?
Papou s’esclaffa :
- Tu ne perds pas le nord toi. Mais non ne t’inquiètes pas. Ton père il le sait très bien pourquoi j’ai fais cela. Tiens le voilà qu’il rentre justement. T’as qu’à lui demander toi-même.
- Papa, papa, viens voir, papou a cassé les fenêtres, s’écria le garçon.
-Quisha, le père, regarda le petit garçon tout excité, se tourna vers son père et dit :
-C’est vrai ce mensonge, père ?
-A moitié mon fils, juste à moitié.
-Comment ça, à moitié ? Répondit quisha.
-C'est-à-dire que j’en ai cassé qu’une seule.
-Ah ! dit le jeune homme. Et l’autre ? Elle s’est cassée toute seule ?
-Non répondit le vieil homme, amusé, en regardant tendrement son petit fils.
-Ah …..Je vois. Rétorqua Quisha. Je vois.
-Et ben pas moi, s’empressa de dire le garçon. Moi je n’y comprends rien. Mais papou m’a dit que toi tu m’expliquerais.
- Oui….soupira le jeune homme. Si tu veux, mais après c’est toi qui va m’expliquer depuis quand tu mens à ton père.
-Le petit garçon rougit mais attendit avec impatience l’explication.
-Alors voilà, commença Quisha.
Les deux fenêtres que tu vois là, …Enfin que tu voyais là, papou les a trouvé au moment de l’achat du terrain, là, debout dans leurs cadres, au beau milieu de rien, l’une à côté de l’autre, comme si elles se tenaient là depuis des dizaines d’années. En effet il existait ici une très vielle baraque, que la mairie avait démolie pour revendre le terrain. Mais va savoir comment ces deux fenêtres sont restées intactes après la démolition.
Alors Papou trouvant ça amusant, a fait construire toute la maison autour, sans y toucher.
-Oh ! S’étonna le garçon. Sans les déplacer ?
-Oui répondit le père. C’est pour cela qu’elles étaient anormalement proches l’une de l’autre.
-Mais pourquoi papou ? Continua le petit.
Le vieil homme souri et dit :
- Ecoutes ton père, il va te l’expliquer. Enfin s’il se rappelle encore de la nature des choses.
-Ca va papa, soupira Quisha, je ne risque pas d’oublier, ne t’inquiète pas.
Ton grand père était persuadé que ces fenêtres étaient deux amoureux !
-Amoureuses ? S’écria le petit garçon. Des fenêtres ? Comment ! Mais ce n’était que des fenêtres !
-Peut-être mon fils, dit Quisha.
Mais l’amour n’est pas l’exclusivité des hommes, loin de là. L’amour n’est qu’un mot, pour désigner une attirance, une connexion, un rapport particulier et unique qui lie et relie les êtres. Ce n’est qu’un mot.
Oui, rajouta-il, en jetant un regard tendre vers le vieil homme. Mon vieux père croit depuis toujours que l’amour dépasse le cadre du vivant tel qu’on le définie, que cette connexion s’étend à, et à travers tout l’univers. Qu’il ne concerne non seulement le vivant mais aussi toute la création, atome par atome.
Le petit garçon se gratta la tête. De toute évidence ça commençait à devenir trop compliqué pour lui, alors papou sourit et dis :
-Oui fiston, tu vois, ces deux fenêtres avait traversé les décennies ensemble, avaient vécu et vieilli ensembles, côte à côte sans pour autant pouvoir se rejoindre. Sans jamais pouvoir se toucher, se voir…sans jamais pouvoir s’unir. Séparées toujours par leurs cadres, par un mur, par une paroi, la seule façon pour eux d’être réunies était d’en sortir, de traverser ce mur et n’être plus des fenêtres. J’ai souvent pensé à les briser mais je ne sais pourquoi j’ai toujours hésité.
Toi, tu l’a fais. Innocemment, sans te poser de question, probablement par hasard, ou alors parce que cela devait se faire par des mains jeunes, promesses de renouveau et de changement.
Alors tu comprends que si l’une part, l’autre, ne pouvait que suivre. Il était trop cruel de les garder encore plus séparées.
Tu les as libérées, je les ai juste réunies.
-Ouuuuuu …. Je ne comprends rien à ces histoires. Je crois que papou commence à yoyoter sérieux, mais je l’adore quand même, malgré ses idées bizarres.
- Oui répondit Quisha, spécial, il l’a toujours été. Allez file dans ta chambre et laisse ton vieux papy se reposer.
K.t