Pour ceux qui s'interrogent..sur l'amour,la guerre..la vie, et la mort. Sans oublier l'humour, le sexe, et le ROCK "n" ROLL, bien sûr
Sisyphe aimait tellement la vie, qu’il en vint à tromper la mort (thanatos) quand son tour fut venu, et se vit condamné par Zeus, à à faire rouler, dans le Tartare, jusqu'en haut d'une colline un rocher qui en redescendait chaque fois avant de parvenir au sommet.
Il fut donc condamné à mener une vie sans espoir, et d’accomplir une tache sans fin.
Alors on peut facilement imaginer l’humeur de ce pauvre Sisyphe, il ne devait plus tellement aimer la vie ! Pas celle-ci en tout cas. Imaginez ce pauvre homme, à la table, le soir avec des amis qui racontent leurs vies normales, avec les hauts et les bas, qui parlent de leurs projets, leurs victoires, leurs échecs, leurs joies ou tristesses, leurs déceptions et enchantements, leurs voyages ou changements. Qu’est- ce qu’il aurait à leur dire, lui, qui n’a rien de tout cela. Lui, condamné à effectuer la même tâche sans but, sans espoirs et sans relâche. Nul accomplissement pour lui, nul espoir et nul changement sinon que de se voir et revoir s’épuiser, sinon que de ressasser le passé et de craindre l’avenir.
Ce Sisyphe-là, je le connais comme si c’était moi. Peut-être que vous aussi vous en avez un au fond de vous, ou bien proche de vous. Mais si vous ne le connaissez pas, et si vous êtes amené à le rencontrer, de grâce de lui faites pas la morale. Ne lui dites pas « tiens bon, fais un éffort! » ou de se réjouir de son sort. Car même si Albert Camus a imaginé un Sisyphe heureux, et presque masochiste, soyez gentille, ne lui rappelez surtout pas que la vie est belle ou précieuse, car si il en est un qui l’ait su, c’est bien lui.
K.t