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Pour ceux qui s'interrogent..sur l'amour,la guerre..la vie, et la mort. Sans oublier l'humour, le sexe, et le ROCK "n" ROLL, bien sûr

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Mon histoire....de chèvre !


Je voudrais rendre hommage à une des plus belles, plus pures, et plus franches histoires qui m' ait été données d'entendre.  Une histoire que j'ai découvert il y a peu, et qui me fait pleurer à chaque fois. Si par quelque hasard, vous ne la connaissez pas, voici mon alter-ego, La chèvre de Mr Seguin.
K.T

"les chèvres ne tuent pas le loup...."
 

M. Seguin n'avait jamais eu de bonheur avec ses chèvres. Il les perdait toutes de la même façon : un beau matin, elles cassaient leur corde, s'en allaient dans la montagne, et là-haut le loup les mangeait. Ni les caresses de leur maître, ni la peur du loup, rien ne les retenait. C'était, parait-il, des chèvres indépendantes, voulant à tout prix le grand air et la liberté.
Le brave M. Seguin, qui ne comprenait rien au caractère de ses bêtes, était consterné. Il disait :
- C'est fini ; les chèvres s'ennuient chez moi, je n'en garderai pas une.
Cependant, il ne se découragea pas, et, après avoir perdu six chèvres de la même manière, il en acheta une septième ; seulement, cette fois, il eut soin de la prendre toute jeune, pour qu'elle s'habituât à demeurer chez lui. Ah ! Gringoire, qu'elle était jolie la petite chèvre de M. Seguin ! qu'elle était jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande ! C'était presque aussi charmant que le cabri d'Esméralda, tu te rappelles, Gringoire ? - et puis, docile, caressante, se laissant traire sans bouger, sans mettre son pied dans l'écuelle. Un amour de petite chèvre... M. Seguin avait derrière sa maison un clos entouré d'aubépines. C'est là qu'il mit la nouvelle pensionnaire. Il l'attacha à un pieu, au plus bel endroit du pré, en ayant soin de lui laisser beaucoup de corde, et de temps en temps, il venait voir si elle était bien. La chèvre se trouvait très heureuse et broutait l'herbe de si bon coeur que M. Seguin était ravi.
- Enfin, pensait le pauvre homme, en voilà une qui ne s'ennuiera pas chez moi !

 

M. Seguin se trompait, sa chèvre s'ennuya.
Un jour, elle se dit en regardant la montagne :
- Comme on doit être bien là-haut ! Quel plaisir de gambader dans la bruyère, sans cette maudite longe qui vous écorche le cou !... C'est bon pour l'âne ou pour le boeuf de brouter dans un clos !... Les chèvres, il leur faut du large.
A partir de ce moment, l'herbe du clos lui parut fade. L'ennui lui vint. Elle maigrit, son lait se fit rare. C'était pitié de la voir tirer tout le jour sur sa longe, la tête tournée du côté de la montagne, la narine ouverte, en faisant Mê!.. tristement.
M. Seguin s'apercevait bien que sa chèvre avait quelque chose, mais il ne savait pas ce que c'était... Un matin, comme il achevait de la traire, la chèvre se retourna et lui dit dans son patois :
- Écoutez, monsieur Seguin, je me languis chez vous, laissez-moi aller dans la montagne.
- Ah ! mon Dieu !... Elle aussi ! cria M. Seguin stupéfait, et du coup il laissa tomber son écuelle ; puis, s'asseyant dans l'herbe à côté de sa chèvre :
- Comment, Blanquette, tu veux me quitter !
Et Blanquette répondit :
- Oui, monsieur Seguin.
- Est-ce que l'herbe te manque ici ?
- Oh! non ! monsieur Seguin.
- Tu es peut-être attachée de trop court, veux-tu que j'allonge la corde ?
- Ce n'est pas la peine, monsieur Seguin.
- Alors, qu'est-ce qu'il te faut ? qu'est-ce que tu veux ?
- Je veux aller dans la montagne, monsieur Seguin.
- Mais, malheureuse, tu ne sais pas qu'il y a le loup dans la montagne... Que feras-tu quand il viendra ?...
- Je lui donnerai des coups de cornes, monsieur Seguin.
- Le loup se moque bien de tes cornes. Il m'a mangé des biques autrement encornées que toi... Tu sais bien, la pauvre vieille Renaude qui était ici l'an dernier ? une maîtresse chèvre, forte et méchante comme un bouc. Elle s'est battue avec le loup toute la nuit... puis, le matin, le loup l'a mangée.
- Pécaïre ! Pauvre Renaude !... Ça ne fait rien, monsieur Seguin, laissez-moi aller dans la montagne.
- Bonté divine !... dit M. Seguin ; mais qu'est-ce qu'on leur fait donc à mes chèvres ? Encore une que le loup va me manger... Eh bien, non... je te sauverai malgré toi, coquine ! et de peur que tu ne rompes ta corde, je vais t'enfermer dans l'étable et tu y resteras toujours.

 

Là-dessus, M. Seguin emporta la chèvre dans une étable toute noire, dont il ferma la porte à double tour. Malheureusement, il avait oublié la fenêtre et à peine eut-il tourné, que la petite s'en alla...
Tu ris, Gringoire ? Parbleu ! je crois bien ; tu es du parti des chèvres, toi, contre ce bon M. Seguin... Nous allons voir si tu riras tout à l'heure.
Quand la chèvre blanche arriva dans la montagne, ce fut un ravissement général. Jamais les vieux sapins n'avaient rien vu d'aussi joli. On la reçut comme une petite reine. Les châtaigniers se baissaient jusqu'à terre pour la caresser du bout de leurs branches. Les genêts d'or s'ouvraient sur son passage, et sentaient bon tant qu'ils pouvaient. Toute la montagne lui fit fête.
Tu penses, Gringoire, si notre chèvre était heureuse ! Plus de corde, plus de pieu... rien qui l'empêchât de gambader, de brouter à sa guise... C'est là qu'il y en avait de l'herbe ! jusque par-dessus les cornes, mon cher !... Et quelle herbe ! Savoureuse, fine, dentelée, faite de mille plantes... C'était bien autre chose que le gazon du clos. Et les fleurs donc !... De grandes campanules bleues, des digitales de pourpre à longs calices, toute une forêt de fleurs sauvages débordant de sucs capiteux !... La chèvre blanche, à moitié saoule, se vautrait là-dedans les jambes en l'air et roulait le long des talus, pêle-mêle avec les feuilles tombées et les châtaignes... Puis, tout à coup elle se redressait d'un bond sur ses pattes. Hop ! la voilà partie, la tête en avant, à travers les maquis et les buissières, tantôt sur un pic, tantôt au fond d'un ravin, là-haut, en bas, partout... On aurait dit qu'il y avait dix chèvres de M. Seguin dans la montagne.
C'est qu'elle n'avait peur de rien la Blanquette.
Elle franchissait d'un saut de grands torrents qui l'éclaboussaient au passage de poussière humide et d'écume. Alors, toute ruisselante, elle allait s'étendre sur quelque roche plate et se faisait sécher par le soleil... Une fois, s'avançant au bord d'un plateau, une fleur de cytise aux dents, elle aperçut en bas, tout en bas dans la plaine, la maison de M. Seguin avec le clos derrière. Cela la fit rire aux larmes.
- Que c'est petit ! dit-elle ; comment ai-je pu tenir là-dedans ?
Pauvrette ! de se voir si haut perchée, elle se croyait au moins aussi grande que le monde...
En somme, ce fut une bonne journée pour la chèvre de M. Seguin. Vers le milieu du jour, en courant de droite et de gauche, elle tomba dans une troupe de chamois en train de croquer une lambrusque à belles dents. Notre petite coureuse en robe blanche fit sensation. On lui donna la meilleure place à la lambrusque, et tous ces messieurs furent très galants... Il parent même, - ceci doit rester entre nous, Gringoire, - qu'un jeune chamois à pelage noir, eut la bonne fortune de plaire à Blanquette. Les deux amoureux s'égarèrent parmi le bois une heure ou deux, et si tu veux savoir ce qu'ils se dirent, va le demander aux sources bavardes qui courent invisibles dans la mousse.
Tout à coup le vent fraîchit. La montagne devint violette ; c'était le soir.
- Déjà ! dit la petite chèvre ; et elle s'arrêta fort étonnée. En bas, les champs étaient noyés de brume. Le clos de M. Seguin disparaissait dans le brouillard, et de la maisonnette on ne voyait plus que le toit avec un peu de fumée. Elle écouta les clochettes d'un troupeau qu'on ramenait, et se sentit l'âme toute triste... Un gerfaut, qui rentrait, la frôla de ses ailes en passant. Elle tressaillit... puis ce fut un hurlement dans la montagne :
- Hou ! hou !
Elle pensa au loup ; de tout le jour la folle n'y avait pas pensé... Au même moment une trompe sonna bien loin dans la vallée. C'était ce bon M. Seguin qui tentait un dernier effort.
- Hou ! hou !... faisait le loup.
- Reviens ! reviens !... criait la trompe.
Blanquette eut envie de revenir ; mais en se rappelant le pieu, la corde, la haie du clos, elle pensa que maintenant elle ne pouvait plus se faire à cette vie, et qu'il valait mieux rester.
La trompe ne sonnait plus...

 

La chèvre entendit derrière elle un bruit de feuilles. Elle se retourna et vit dans l'ombre deux oreilles courtes, toutes droites, avec deux yeux qui reluisaient... C'était le loup.
Énorme, immobile, assis sur son train de derrière, il était là regardant la petite chèvre blanche et la dégustant par avance. Comme il savait bien qu'il la mangerait, le loup ne se pressait pas ; seulement, quand elle se retourna, il se mit à rire méchamment.
- Ah ! ha ! la petite chèvre de M. Seguin ! et il passa sa grosse langue rouge sur ses babines d'amadou.
Blanquette se sentit perdue... Un moment, en se rappelant l'histoire de la vieille Renaude, qui s'était battue toute la nuit pour être mangée le matin, elle se dit qu'il vaudrait peut-être mieux se laisser manger tout de suite ; puis, s'étant ravisée, elle tomba en garde, la tête basse et la corne en avant, comme une brave chèvre de M. Seguin qu'elle était... Non pas qu'elle eût l'espoir de tuer le loup, - les chèvres ne tuent pas le loup, - mais seulement pour voir si elle pourrait tenir aussi longtemps que la Renaude...
Alors le monstre s'avança, et les petites cornes entrèrent en danse.
Ah ! la brave chevrette, comme elle y allait de bon coeur ! Plus de dix fois, je ne mens pas, Gringoire, elle força le loup à reculer pour reprendre haleine. Pendant ces trêves d'une minute, la gourmande cueillait en hâte encore un brin de sa chère herbe ; puis elle retournait au combat, la bouche pleine... Cela dura toute la nuit. De temps en temps la chèvre de M. Seguin regardait les étoiles danser dans le ciel clair, et elle se disait :
- Oh ! pourvu que je tienne jusqu'à l'aube...
L'une après l'autre, les étoiles s'éteignirent. Blanquette redoubla de coups de cornes, le loup de coups de dents... Une lueur pâle parut dans l'horizon... Le chant du coq enroué monta d'une métairie.
- Enfin ! dit la pauvre bête, qui n'attendait plus que le jour pour mourir ; et elle s'allongea par terre dans sa belle fourrure blanche toute tachée de sang...
Alors le loup se jeta sur la petite chèvre et la mangea.
Adieu, Gringoire !

FIN

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C
<br /> Je suis toute contente de lire que cette histoire peut être aussi une métaphore de la quête du savoir, je le pensais mais n'osais pas l'écrire.<br /> C'est ce que j'y ai vu depuis toujours, enfin depuis que je peux diversifier ma compréhension des contes !<br /> La liberté était une évidence mais le savoir, je ne l'ai compris que plus tard, quand je " courrais " après !!! <br /> <br /> <br />
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K
<br /> enfin, c'est mon interprétation....UNE quête de liberté en tout cas....<br /> <br /> <br />
M
<br /> Oui, je sais. la chèvre est bien morte. Mais je voulais juste poser un autre regard sur ce conte. Ce que je fais n'est pas anodin, ce conte pourrait tout à fait être une propagande par la<br /> complaisance qu'il y a de voir la défaite de cette chèvre anarchiste. Et dire qu'elle n'est finalement pas morte comme le dit le conte, c'est comme résister à une morale que je trouve proche de<br /> l'inquisition.Mes pensées vers vous.<br /> <br /> <br />
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K
<br /> merci d'être "repassée", j'espere que ca deviendra une habitude<br /> Oui c'est exacte, on pourrait voir cette histoire sous cet angle là, mais ce serait dommage.<br /> Carce qui est mis en valeur ds ce compte c'est  justement la volonté de liberté, le plaisir d'y gouter coute que coute, jusqu'à y laisser la vie parfois.......Pour moi, ce conte est un<br /> hommage à la résistance ( ce qui parfois signifie également désobeissance,oui), et à la quête de la liberté sous toutes ses formes.......<br /> Et ce qui rend cette histoire encore plus touchante, c'est justement la mort de la chèvre....Car même la mort, ne la dissuade pas, pourvue qu'elle vive "libre".<br /> Une nuit de "liberté", vaut plus qu'une vie d'esclavage.<br /> (Ps: cette quête de liberté peu aussi correspondre à celle du savoir)<br /> A bientôt j'espere.<br /> <br /> <br />
M
<br /> Bonjour, nouvelle sur votre site. je voulais vous dire qu'en fait, la chèvre ne s'est pas fait manger... Et oui, c'est l'auteur qui dit "alors le loup se jeta sur la petite chèqvre et la mangea"<br /> Or, l'auteur, il n'était pas sur les lieux. Attention à l'information. Elle peut être trompeuse. Même si la morale s'impose partout. (reste d'une religion forte en "si tu ne fais pas comme on te le<br /> dit .. tu mourras). or moi, rien ne m'empêche de penser que la chèvre, ben, elle s'est barrée, vivre une vie libre ailleurs. Voilà. Sachez que la chèvre est joueuse...<br /> <br /> <br />
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K
<br /> Tout d'abord: Bienvenue.<br /> Non, la chèvre est bien morte......Simplement elle a choisi sa mort, et gagné sa liberté. Et c'est beaucoup.....<br /> <br /> <br />
C
Allons bon, me voici rouge comme une cerise ! 
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K
<br /> Mais non  faut pas, quoique ca donne "bonne mine".....LOL, et les poissons sont mignions...<br /> <br /> <br />
C
Hou lala, c'est que ça cogite ici...Le temps ne passe pas, c'est nous qui passons. Et d'un.Et de deux, il y a des personnes qui ont la skoumoune toute leur vie.Et de trois, pourtant, je pense que chacun, chacune, fait du mieux qu'il peut.... même si nous, à sa place... Bien sur... Nous ferions nettement mieux !!! Mais je ne suis pas intello, alors bien sur... 
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K
<br /> <br /> Mais si .....je trouve que c'est Excellement résumé........<br /> <br /> <br /> <br />
D
je n'ai qu'un mot à ajouter sur le thème (humour):http://www.buzzmoica.fr/video/gad-elmaleh-la-chevre-partie-2-3195
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K
<br /> merci de ton passage... un peu d'humour c tjrs bon<br /> <br /> <br />
M
 d'une capricorne perdu dans la montagne... 
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K
<br /> aussi.....peu importe la bête, c le combat qui compte<br /> <br /> <br />
D
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D
..............  le destin serait-ce donc l'affrontement, tout au long de notre vie, de notre 'âme' avec notre corps périssable et vulnérable, l'affrontement avec nos démons intérieurs qui reviennent et reviennent, inlassablement, nous faire passer des épreuves dont on n'a PAS le choix......et nos choix, pour ceux qui en ont, décideraient tout juste du décor dans le quel se déroule " la partie ".. 
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<br /> <br /> <br /> <br />
F
JE SUIS D'ACCORD!!!!!!!!! enfin presque...
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